Me ven ahora

12 de julio de 2011

Paul Verlaine

Green

version Bilingüe


Paul Marie Verlaine, comúnmente llamado Paul Verlaine, (Metz, Francia, 30 de marzo de 1844 – París, Francia, 8 de enero de 1896) fue un poeta francés, perteneciente al movimiento simbolista.

Green

de Paul Verlaine

Te ofrezco entre racimos, verdes gajos y rosas,
mi corazón ingenuo que a tu bondad se humilla;
no quieran destrozarlo tus manos cariñosas,
tus ojos regocije mi dádiva sencilla.

en el jardín umbroso mi cuerpo fatigado
las auras matinales cubrieron de rocío;
como en la paz de un sueño se deslice a tu lado
el fugitivo instante que reposar ansío.

Cuando en mis sienes calme la divina tormenta,
reclinaré, jugando con tus bucles espesos,
sobre tu núbil seno mi frente soñolienta,
sonora con el ritmo de tus últimos besos.

Versión de Víctor M. Londoño


Green

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.

J'arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve des chers instants qui la délasseront.

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encor de vos derniers baisers ;
Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête,
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

10 de julio de 2011

ARTHUR RIMBAUD (1854- 1991) El barco ebrio, Le bateau ivre, version bilingüe

El barco ebrio (Le Bateau ivre en el original francés) es un poema en verso de 100 líneas escrito por el poeta francés Arthur Rimbaud, a los 17 años en el verano de 1871 en la casa de su niñez en Charleville al norte de Francia.

Le bateau ivre


Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !

Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : je sais le soir,
L'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir !

J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulements d'eaux au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés des punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.
Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !

J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !

Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesse, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

ARTHUR RIMBAUD


El barco ebrio




Cuando yo descendía por Ríos impasibles,
Dejaron de guiarme mis buenos sirgadores:
Chillones Pieles Rojas, como a blancos sensibles,
Los habían saetado en postes de colores.

Poco me preocuparon esas tripulaciones;
Una vez terminadas sus crueles bataholas,
Yo, transporte de trigo flamenco o de algodones
Ingleses, a mi gusto proseguí por las olas.

Corrí en el chapoteo de fuertes marejadas,
Aún más imperturbable que cerebros de infantes,
Y las mismas Penínsulas desamarradas
No soportaron nunca vaivenes más triunfantes.

La tempestad bendijo mi despertar marino.
Más liviano que un corcho, sobre el agua agitada
Diez noches he bailado en revuelto destino
Sin recordar los faros de estúpida mirada.

Grata como a los niños la manzana jugosa
Penetró el agua verde en mi casco de pino
Y, arrastrando el arpeo y el timón, presurosa
Lavó manchas y vómitos azulosos de vino.

¡Me bañé, desde entonces, en el vasto poema
Del mar, del mar infuso de astros y lactescente,
Donde en azules verdes, a veces, la suprema
Sombra de algún ahogado se hunde, pálidamente;

Donde tiñendo, raudos, los fondos azulinos,
delirios, ritmos lentos bajo el diurno fulgor,
Más vastos que las liras y más fuertes que finos
Alcoholes se fermentan las pecas del amor!

Yo conozco los cielos que estallan, sé las lomas
Acuosas, las resacas, las trombas; sé la tarde,
Toda el alba exaltada cual pueblo de palomas,
Y he visto lo que el hombre sospecha en vano alarde.

He visto el sol manchado de místicos horrores
Iluminando larga coagulación violeta,
De dramas muy antiguos al parecer actores,
Contemplé los oleajes de lontananza inquieta.

He soñado con besos en ojos de los mares,
He soñado la noche verde con resplandores
Níveos, el fluir de savias, los bruscos despertares
Azules y amarillos de fósforos cantores.

Mes tras mes he seguido, igual que a vaquerías,
Histéricas, las olas en su asalto pujante,
Sin pensar que en su marcha fulgente las Marías
Llevasen del hocico al Océano jadeante.

¿Sabéis?, he descubierto increíbles Floridas:
Los ojos de panteras son flores entre humanas
Epidermis, los iris se tienden como bridas,
Bajo el cielo marino, a glaucas caravanas.

¡He visto fermentando los pantanos enormes,
Cestas en cuyos juncos se pudre un Leviatán;
En medio de las calmas cataclismos informes,
Lejanas cataratas que a los abismos van!

¡Cielos de brasa, heleros, oleaje nacarado,
Restos de encalladuras en los golfos brumosos
Donde el pie de los árboles de ramaje enroscado
Ruedan grandes serpientes de aromas tenebrosos!

¡Oh yo hubiese mostrado a un niño esas doradas
De la gran ola azul, esos peces cantantes!
Yo florecí de espumas al partir de las radas
Y, en vientos inefables, tuve alas por instantes.

Mártir, algunas veces, de zonas fatigosas,
El mar cuyo sollozo suavizaba mi arfada,
Me aplicaba sus flores de amarillas ventosas
Y quedaba como una mujer arrodillada.

Península que mece en sus bordes querellas
De aves estrepitosas con ojuelos dorados,
Fui a pique; entre mis cuerdas, sumidos tras mis huellas,
A dormir descendían, de espalda, los ahogados...

¡Y yo, barco enredado entre las cabelleras
Profundas, en el éter sin pájaros perdido,
Yo, esqueleto embriagado que hanseáticas veleras
Nunca hubiesen pescado, con desdeñoso olvido.

Yo que flotaba loco, con los flancos cubiertos
De lúnulas eléctricas e hipocampos crinudos,
Cuando cálidos Julios volcaban los abiertos
Cielos ultramarinos en ardientes embudos,

Yo que trémulo oía el mugir encelado
De Behemots y de Malstroms, retumbantes tifones,
Perenne navegante de un azul serenado,
Como añoro la Europa de viejos malecones!

Yo vi los archipiélagos siderales, las islas
Con sus cielos abiertos a todo bogador:
¿Es allí donde duermes, allí donde te aíslas
Áureo millón de pájaros, oh futuro Vigor?

Sí, ya he llorado mucho. Las albas son dolientes.
Atroz es toda luna, triste la luz solar.
Ya el amor me ha colmado de torpezas fervientes.
¡Oh, que mi quilla estalle! ¡Oh, que me arrastre el mar!

Yo deseo de Europa la oscura lagunita
Donde, al caer la tarde que se muere olorosa,
Suelta un niño en cuclillas, con tristeza infinita,
Un barquichuelo frágil como una mariposa.

¡Ya no es posible, oh baño de olas, como antes
Adelantarse a otros transportes de algodones,
Ni cruzar el orgullo de enseñas tremolantes,
Ni nadar bajo el duro mirar de los pontones!

Traducción de ÁNGEL JOSÉ BATTISTESSA

9 de junio de 2011

Wislawa Szymborska: Entrevista a una Premio Nobel y algunos poemas

Wislawa Szymborska

Vive en un departamento en Cracovia y trabaja todos los días en sus poemas. Se le concedió el Premio Nobel, al que entre risas llama "la catástrofe", en 1996.

En España se acaba de distribuir una antología muy amplia de sus poemas, Poesía no completa (FCE), en traducción de Abel A. Murcia Soriano y Gerardo Beltrán, quienes también volcaron al castellano esta conversación.

—¿Tiene alguna fórmula mágica para escribir?

—Sé lo que quiero escribir, pero no siempre me sale. Trabajo constantemente en los poemas. Hay algunos poemas que surgen de forma espontánea... (Es mi secreto: no voy a decir nunca cuáles salen con facilidad y cuáles salen con esfuerzo.) Pero no siempre salen de forma espontánea.

—¿Y cómo es la Szymborska que narra sus poemas?

—Creo que cada poema lo escriben dos personas. Hay una persona que es la que siente las cosas, la que las experimenta, la que piensa. Y otra persona, que está detrás de mí y dice: "¿No estarás exagerando?, ¿qué va a entender el lector de lo que estás escribiendo? y, además, ¿para qué le sirve?" Ese yo irónico está siempre, pero si desaparece escribiré muy malos poemas... ¡Y si desaparezco yo, también serán malos! (Risas)

—Utiliza un lenguaje muy especial.

—Mi lengua es una lengua viva. Utilizo frases hechas, lengua coloquial, juegos de palabras, que no necesariamente funcionan en otras lenguas... La suerte de los poetas en el exterior depende de los traductores.

—¿Hablamos de los temas de su poesía?

—Todos mis poemas nacen del amor. Diría incluso que todos los poemas nacen del amor; incluso aquéllos que transmiten el mal tienen en el fondo una forma de amor hacia el mundo. Estoy totalmente convencida... Y si no es así, lo siento por esos poetas.

—¿Y el odio?

—Tengo un poema sobre el odio, que es verdaderamente un sentimiento del siglo XX, el más fuerte, el que encuentra más seguidores. Y eso es algo horrible. Quizá en algún momento fue necesario pero ahora el odio es un sentimiento horrible. Aunque parece más fácil que un loco propague sus ideas con los nuevos medios. Antes, alguien llegaba y se subía a un cajón en una plaza y se ponía a hablar con un megáfono... Todo era más pequeño.

—En sus poemas aparecen muchos animales.

—No imagino la poesía sin los seres que nos acompañan en la vida: los animales, las plantas... e incluso las piedras. Mi animal preferido es el mono. Me encantó un libro de Jane Goodall, A través de la ventana: treinta años estudiando a los chimpancés, en el que cuenta su investigación en Tanzania con los primates y con los chimpancés. No los estudió como un grupo, sino como individuos. Estuvo años siguiéndolos de uno en uno, investigando cada animal en concreto y descubrió que uno era individualista, otra era una mala madre, otra era muy cariñosa, otro era muy travieso... Se trataba de una forma de estudiar a los animales desde una perspectiva totalmente diferente. No me imagino otro enfoque distinto al del análisis individual. Todos somos un poco diferentes. El hombre se somete a diversas ideas de grupo y no siempre es bueno.

—También aparecen muchos sueños en sus poemas.

—Escribo de la realidad y los sueños son una parte de la realidad.

—Además de escribir poemas, está haciendo collages.

—Son un juego. Hoy veo muy clara la diferencia entre la forma de hacer literatura y la forma de hacer arte. La escritura requiere soledad, aislamiento, trabajo y cansancio. He visto pintores trabajando mientras hablaban, riéndose, rodeados de gente, y eso es imposible para un escritor. Necesito tiempo y que nadie me moleste. Mis collages son un juego, para que la gente los disfrute. Son mi forma de descansar. Me canso mucho escribiendo.

—Pero sigue escribiendo sin parar.

—Aún estoy viva, para extrañeza de algunos y también para la mía. Y soy escéptica ante la poesía, incluso ante la mía.

—Por eso utiliza tanto el humor.

—Mi poesía, como la vida, es una moneda: tiene una parte trágica y una parte cómica.

—Y una parte cósmica.

—Recuerdo una anécdota de Filipovich, un fabuloso escritor que supera la prueba del tiempo: cuando el hombre llegó a la Luna, mucha gente en Cracovia estaba asombrada. Filipovich estaba pescando y trataba de ver el acontecimiento con prismáticos. (Risas). Una vez, caminando por los alrededores de Cracovia con Filipovich, nos paramos a identificar estrellas, y cuando nos dimos vuelta, había un enorme grupo de gente a nuestro alrededor; tanta, que al día siguiente la prensa publicó que se había producido el avistamiento de un ovni. Una información que nunca fue desmentida. Espero que eso hiciera feliz a alguien. Escribí un poema en el que decía que no hay que mandar bromistas al Cosmos.

—Le fascina el espacio, pero realmente se ha movido muy poco.

—No sé si es por mi signo zodiacal —cáncer—, pero no me gusta viajar. Nací un día después (y muchos años después) que Proust, que escribió doscientas páginas para decir cómo se preparaba para ir a la playa. No me gusta viajar, pero me gusta volver.

—¿Es cierto que estudió español?

—Hace mucho tiempo iba a unas clases de español. No me acuerdo de nada, pero la estructura de la lengua todavía la controlo. Leíamos fragmentos de El Quijote. Nos daba clase un profesor que no sé si se esmeraba mucho, porque se preparaba la clase el día anterior, pero tenía unos discos maravillosos con música española: canciones populares estupendas. Soy admiradora del Goya luminoso, el de los retratos, el de los tapices, el de las escenas costumbristas y el de las majas. Y he corregido a Velázquez en uno de mis collages: he sacado a una de las meninas al aire libre.

—Hablaba antes del amor. ¿Le puedo preguntar algo de los suyos?

—Le contaré algunas historias de mi infancia. A los doce años me enamoré perdidamente del novio de mi hermana, que no me hacía ningún caso. Un día me vendé la cabeza y él dijo: "¿Qué le ha pasado a eso?" Años más tarde lo volví a ver y me pregunté cómo podía haberme enamorado. No era nada interesante. También había otro chico. Me seguía. Era tan tímido que no me dirigía la palabra. Me escribía cartas. En una de ellas, donde me arreglaba toda la vida —"por ti surcaré los mares, subiré a la cumbre más alta..."—, decía al final: "Estaré mañana bajo tu ventana si no llueve". (Risas)

—Leer también es una forma de acabar con las formas puras.

—Leo todo el tiempo. Muchos libros de divulgación científica y de antropología, de zoología. Leo a Brodsky, con el que tenía mucha afinidad. Pero como no quiero olvidarme de nadie sólo voy a decir que leo a Rilke. Con él comenzó mi fascinación por la poesía.


DATOS BIOBIBLIOGRAFICOS

Nació en Kornik, Polonia, el 2 de julio de 1923. Desde 1931 se radicó en Cracovia y, de 1945 a 1948, estudió literatura polaca y sociología en la universidad Jagielloniana. Es egresada en Letras, no ejerció actividad académica pero sí trabajó durante décadas en revistas literarias, sobre todo dando a conocer a poetas jóvenes.

Publica poesía desde los ‘50. Su poesía es aparentemente sencilla, con una mirada filosófica profunda, que suele incluir un humor algo irónico. No pontifica ni advierte, simplemente mira y ve, y su mirada individual se hace universal.

A partir de 1953 y hasta 1981 trabajó como editora de poesía y columnista en un semanario de Cracovia, al tiempo que publicaba ensayos y artículos, y traducía poemas franceses al polaco. Ha publicado 16 colecciones de poesía, y su obra ha sido traducida a varios idiomas. Entre los reconocimientos que ha merecido se cuentan el premio Goethe (1991), el premio Herder (1995). Recibió el Premio Nobel de Literatura en 1996.

Libros publicados


Porque vivimos, 1952
Llamado al Yeti, 1957
Sal, 1962
Cien alegrías, 1967
Por si acaso, 1972
Gran número, 1976
Hombres sobre el puente, 1986
Fin y principio, 1993)
Poemas 1957-1993

Premios y distinciones


Premio de la ciudad de Cracovia, 1954
Premio del Ministro del Arte y Cultura, 1963;
Premio de Zygmunt Kaladach, Presidente de la Fundación de Suiza de Koscielski, 1990
Premio “Goethe”, en Frankfurt, 1991
Premio Johannes Herder de la Universidad de Viena, 1995
Premio anual del Pen Club en Polonia
Premio Nobel de Literatura, 1996

Wislawa Szymborska

Premio Nobel de Literatura 1996

POEMAS

DE UNA EXPEDICIÓN NO REALIZADA A LOS HIMALAYAS


Estos son los Himalayas
Montañas de un correr hacia la luna
momento del arranque eternizado
Sobre el cielo abierto
la llanura de las nubes rota,
de un golpe a la nada.
El eco: un sordomudo blanco
el silencio.
Yeti, abajo hay un miércoles,
un abecedario, un pan
y dos más dos son cuatro
y se derrite la nieve
Hay una manzana roja
partida en cuatro.
No sólo crímenes
podría haber entre nosotros,
Yeti, no todas las palabras
condenan a la muerte
Heredamos la esperanza
y el perdón
Mira cómo damos a luz
niños entre las ruinas.
Yeti, tenemos a Shakespeare
Yeti, tocamos el violín
Yeti, cuando anochece
encendemos la luz.
Aquí ni la tierra, ni la luna
y las lágrimas se congelan
o Yeti, puede ser el conejo de la luna
“Señor de la Luna”
piénsalo y regresa.
Entre las cuatro paredes de avalanchas
Estoy llamando al Yeti,
Zapateando para calentarme
sobre la nieve
eterna.

ALEGRÍA DE ESCRIBIR


¿A dónde va la corza escrita por el bosque escrito?
¿A tomar agua escrita
que refleje su hocico puntualmente?
¿Por qué alza la cabeza? ;escucha algo?
Se apoya en cuatro patas que la verdad le presta.
Mueve bajo mis dedos una oreja.
Silencio, esa palabra, susurra en el papel
como las otras y remueve ramas
por las palabras del bosque cansadas.
En la hoja blanca de papel acechan
letras que pueden componerse mal,
frases que pueden ser un cerco
y no habrá salvación.
En la gota de tinta un regimiento
de cazadores enfocan la mira
listos para correr pluma empinada abajo,
cercar la corza y preparar el tiro.
Olvidan que esto no existe
Otras leyes gobiernan el blanco sobre negro
parpadeará el ojo el tiempo que yo quiera
y podré dividirlo en pequeñas eternidades
llenas de balas quietas en el aire.
Por siempre, si lo ordeno; nada pasará aquí.
Ni una hoja caerá si no lo quiero
ni las pezuñas hollarán la hierba
¿Existe pues un mundo sobre el cual
soy un destino independiente?
¿Ese tiempo al que une la cadena de signos,
existe bajo mis órdenes constantes?
La alegría de escribir.
La posibilidad de eternizar.
La venganza de una mano mortal.

Nada sucede dos veces...


Nada sucede dos veces
ni va a suceder, por eso
sin experiencia nacemos,
sin rutina moriremos.

En esta escuela del mundo
ni siendo malos alumnos
repetiremos un año,
un invierno, un verano.

No es el mismo ningún día,
no hay dos noches parecidas,
igual mirada en los ojos,
dos besos que se repitan.

Ayer mientras que tu nombre
en voz alta pronunciaban
sentí como si una rosa
cayera por la ventana.

Ahora que estamos juntos,
vuelvo la cara hacia el muro.
¿Rosa? ¿Cómo es la rosa?
¿Como una flor o una piedra?

Dime por qué, mala hora,
con miedo inútil te mezclas.
Eres y por eso pasas.
Pasas, por eso eres bella.

Medio abrazados, sonrientes,
buscaremos la cordura,
aun siendo tan diferentes
cual dos gotas de agua pura.

19 de mayo de 2011

Las flores del mal Charles Baudelaire "El sueño de un curioso"

Charles Baudelaire


"El sueño de un curioso"

A F.N.  *
Conoces como yo el sabroso dolor
Y de ti hacer decir: "¡Qué hombre más extraño!"
Iba a morir y en mi alma amorosa
había deseo mezclado con horror: un mal muy singular.
Angustia y esperanza, sin mezcla de ironía.

Al irse vaciando aquel fatal reloj
mi tortura se hacía más honda y deliciosa;

mi pecho se arrancaba del mundo familiar.
Era como ese niño que ansía divertirse
y que odia el telón lo mismo que un obstáculo.
Pero al fin la verdad se reveló desnuda.
Me morí sin sorpresa y la terrible aurora
me envolvía. ¿Y qué? ¿Era tan sólo eso?
El telón se había alzado y yo esperaba aún.

* Felix Nadar fotógrafo amigo de Baudeleire. A el le debemos excelentes fotografías del poeta.

15 de mayo de 2011

ANTONIO MACHADO (Ulysses en España)

ME DIJO UNA TARDE

Me dijo una tarde
de la primavera:
Si buscas caminos
en flor en la tierra,
mata tus palabras
y oye tu alma vieja.
Que el mismo albo lino
que te vista sea
tu traje de duelo,
tu traje de fiesta.
Ama tu alegría
y ama tu tristeza,
si buscas caminos
en flor en la tierra.
Respondí a la tarde
de la primavera:

—Tú has dicho el secreto
que en mi alma reza:
yo odio la alegría
por odio a la pena.
Mas antes que pise
tu florida senda,
quisiera traerte
muerta mi alma vieja.


7 de mayo de 2011

Annus Mirabilis Philip Larkin

Annus Mirabilis


Sexual intercourse began
In nineteen sixty-three
(which was rather late for me) -
Between the end of the Chatterley ban
And the Beatles’ first LP.

Up to then there’d only been
A sort of bargaining,
A wrangle for the ring,
A shame that started at sixteen
And spread to everything.

Then all at once the quarrel sank:
Everyone felt the same,
And every life became
A brilliant breaking of the bank,
A quite unlosable game.

So life was never better than
In nineteen sixty-three
(Though just too late for me) -
Between the end of the Chatterley ban
And the Beatles’ first LP.


Annus Mirabilis


Las relaciones sexuales comenzaron
en mil novecientos sesenta y tres
(un poco tarde para mí),
cuando le levantaron la censura al Chatterley
y los Beatles grabaron su primer long play.

Hasta ese año sólo había existido
algo así como un regateo,
disputas por un anillo,
una vergüenza que comenzaba a los dieciséis
y se extendía luego sobre todo.

Hasta que un día se acabó la pelea:
todos sintieron lo mismo
y vivir se volvió
un brillante hacer saltar la banca,
un juego difícil de perder.

De modo que la vida nunca fue mejor
que en mil novecientos sesenta y tres
(un poco tarde para mí),
cuando le levantaron la censura al Chatterley
y los Beatles grabaron su primer long play.

4 de mayo de 2011

Verse Djuna Barnes (1892-1982)

;

VERSE


Should any ask «what it is to be in love
With one you cannot slough, she being young?»
What should it be, we answer, who can prove
The falling of the milk-tooth on the tongue,
Is autumn in the mouth enough.
(The young?)

"

Verso


Si alguien pregunta «¿cómo es enamorarse
De una que no puedes desechar, al ser ella más joven?»
Cómo debería ser, contestamos, quién puede probar que
La caída del diente de leche en la lengua,
Es ya suficiente otoño en la boca.
(¿Los jóvenes?)

3 de mayo de 2011

"There is Nothing False in Thee" Kenneth Patchen (traducido)

Allen Ginsberg and Kenneth Patchen backstage at the Living Theatre where Patchen was performing with Charlie Mingus, New York City 1959.


Kenneth Patchen (Niles, Ohio, 1911-1972). Fue un importante escritor vanguardista norteamericano, contemporáneo de los integrantes de la generación Beat. Autor de poemarios, novelas y cuentos, entre los que destacan Memoirs of a Shy Pornographer (1945) y The love poems of Kenneth Patchen (1960). Patchen también se distinguió por su cercanía al jazz y por su faceta experimental como pintor y  dibujante; varios de sus libros vienen acompañados de ilustraciones suyas. A pesar del importante lugar que ocupa en las letras estadounidenses, su obra es poco conocida en nuestro país debido a la escasez de traducciones de sus escritos.

 
There is Nothing False in Thee

There is nothing false in thee.
In thy heart the youngest body
Has warmth and light.
In thee the quills of the sun
Find adornment.

What does not die
Is with thee.

Thou art clothed in robes of music.
Thy voice awakens wings.

And still more with thee
Are the flowers of earth made bright.

Upon the deeps the fiery sails
of heaven glide.

Thou art the radiance and the joy.
Thou heart shall only fail
When all else has fallen.

What does not perish
lives in thee.

by Kenneth Patchen from Kenneth Patchen Selected PoemsModern Library, 1937-1957

No hay nada falso en ti

No hay nada falso en ti
tu cuerpo, bruñido en el calor,
nos arrulla con abrigo y luz.
En ti las hebras del sol
encuentran adorno

Cuanto no ha de morir
está en ti.

Estás envuelta por mantos de música
y tu voz sacude todas las alas

Enteramente tuyo es también
el brillo de las las flores de esta tierra
mientras tus profundidades son sobrevoladas
por el ardiente velamen del cielo.

Eres el resplandor y la dicha.
Tu corazón solo habrá de fallar
cuando todos los demás fallen.

Lo que en ti habita
no puede morir.

Dedicado a Pegasa y a mis  amigos de Jaén

30 de abril de 2011

Kenneth Rexroth (1905-1982)



Wolf


Never believe all you hear.
Wolves are not as bad as lambs.
I've been a wolf all my life,
And have two lovely daughters
To show for it, while I could
Tell you sickening tales of
Lambs who got their just deserts.


EL LOBO

No confíes en todo lo que escuchas.
Los lobos no son tan malos como los corderos.
Yo he sido un lobo toda mi vida
y poseo dos hijas adorables
para testimoniarlo; en cambio, podría
dejarte hastiado con historias
de tantos corderos que recibieron su merecido.



Lion

The lion is called the king
Of beasts. Nowadays there are
Almost as many lions
In cages as out of them.
If offered a crown, refuse.


EL LEÓN

El león es considerado el rey
de las bestias. Hoy por hoy existen
casi tantos leones
en las jaulas como fuera de ellas.
Ya lo sabes: si te es ofrecida una corona, deséchala

26 de abril de 2011

Gonzalo Rojas / Oscuridad Hermosa


El libro estaba inédito y llevaba un año esperando. En 1946, Gonzalo Rojas ganó el concurso literario de la Sociedad de Escritores de Chile (Sech) con La miseria del hombre, su primer poemario. El premio consistía en la edición del volumen. Pero pasaban los meses y no había publicación. Entonces el autor fue a ver a Manuel Rojas, presidente de la Sech. "Por ahí están tus papeles", le dijo el escritor de Lanchas en la bahía. Rojas, el poeta, decidió retirarlos y publicarlos por su cuenta. Así, en 1948, apareció La miseria del hombre, publicado por la imprenta Roma de Valparaíso, un taller pequeño, especializado en afiches de circos. El volumen de Rojas era el primer trabajo grande que hacían. "Es el libro más feo del mundo", diría el poeta.

El episodio grafica de alguna manera la trayectoria de Gonzalo Rojas: desde sus inicios su obra fue respaldada por los premios y a lo largo de su vida se relacionó con autores y personajes protagonistas del siglo XX.

Así lo recordaba él en 1998, en su estilo, cuando recibió el Premio Octavio Paz: "Dialogué los arcanos con Breton en la Rue Fontaine; con Mao, que alguna vez dijo: 'Deseo medirme con los dioses'; bajé a las minas del carbón de Chile, en el submar de Lota, allá abajo, con ese loco de Allen Ginsberg; vi el rostro de Vallejo entre las nubes de ese avión a 10 mil metros; discutí en mis infancias con Huidobro; dialogué largo con Neruda, quien durmió tantas veces en mi casa; así y así habré visto a tantos".

Convertido en el poeta chileno más premiado en el extranjero desde Neruda, Rojas murió ayer a los 93 años, dos meses después de sufrir un derrame cerebral en Chillán. Desde entonces se mantenía en estado "de sopor". Había sido trasladado a una clínica de Santiago y el domingo su hijo Gonzalo Rojas-May dijo a La Tercera que su padre "se apaga lenta y dignamente".

El gobierno decretó dos días de duelo. Los restos del vate fueron trasladados al Museo Nacional de Bellas Artes, donde están siendo velados. Hasta allí llegaron ayer escritores como Pedro Lastra, Arturo Fontaine y Germán Carrasco. Allí recibirá también un homenaje mañana. Sus funerales se realizarán el jueves, en Chillán. Según adelantó su hijo, el poeta deja poemas y prosas inéditas que pasarán a edición.

Americanista


Su figura constaba de gorro marinero, camisa y corbata, suspensores o bufanda roja. Entre viajes y homenajes, vivió hasta los últimos años en su casa del centro de Chillán. Tenía un retiro cercano, camino a las termas, llamado el Torreón del Renegado, nombre de uno de sus poemas. Dormía en una cama china con espejos de tres siglos, que compró en Beijing en 1971, cuando era consejero cultural del gobierno de Allende, junto al embajador y poeta Armando Uribe. De China partió a Cuba, donde relevó al novelista Jorge Edwards como encargado de negocios. Luego se exilió en la ex RDA, salió de allí rumbo a Venezuela y volvió a Chile en 1979.

Por entonces estrechó amistad con Octavio Paz y el grupo ligado a la revista Vuelta, que sería fundamental en la difusión de su poesía. Su red de amigos iba de Roberto Matta a Claudio Bunster, de Luis Hermosilla a Delfina Guzmán. A ella la conoció en 1958, cuando trabaja en la Universidad de Concepción. Allí, Gonzalo Rojas inició su importante y prolífica actividad cultural, ligada a la acción política -"de un izquierdismo abierto, nunca sectario", según dijo- y a los grandes escritores contemporáneos. En 1960 organiza el Primer Encuentro de Escritores Americanos. Asistieron, entre otros, Allen Ginsberg, Lawrence Ferlinghetti, Ernesto Sabato, Nicanor Parra, Luis Oyarzún y Volodia Teitelboim. En 1962 repite la jornada y recibe a Mario Benedetti, Augusto Roa Bastos y Carlos Fuentes. El mexicano dijo que ahí nació de verdad el boom latinoamericano.

De Lebu a China


Gonzalo Rojas nació en Lebu, Arauco, el 20 de diciembre de 1917. Su padre, profesor devenido en minero del carbón, murió cuando tenía cuatro años. A los 16 años escribe sus primeros versos y viaja a Iquique, donde colabora con el diario El Tarapacá, que dirigía Eduardo Frei. A los 20 entra a estudiar Derecho en Santiago. Se cambia a Pedagogía y se une al grupo surrealista La Mandrágora, de Braulio Arenas y Teófilo Cid, y conoce a Vicente Huidobro: lo valora más como vividor que como poeta. Pronto deja a los surrealistas, porque le parecen más librescos que vitales.

Tras vivir unos años en Valparaíso, en 1952 entra a la Universidad de Concepción. En 1953 viaja a Europa y conoce a André Breton; en 1959 vuelve a París para escribir becado por la Unesco y visita China por primera vez, donde conoce a Mao.

En 1964 publica su segundo libro, Contra la muerte, y vuelve a China, donde ejercerá como consejero cultural de la UP. Tras el golpe militar, publica su tercer libro, Oscuro, en Venezuela. La década de los 80 marca el ritmo de su vida futura: ediciones variadas de su obra en diferentes países, invitaciones a universidades, premios y homenajes, en México, Nueva York, Alemania y España. "Soy un sagitariano y, por sagitariano, condenado al viaje, como la flecha al espacio, al vuelo", declaró al crítico peruano Julio Ortega.

Las camarillas

A Rojas sólo le faltó obtener el Premio Nobel. En 2006 fue postulado, luego de obtener el Cervantes 2003. Con Nicanor Parra, era el poeta vivo más importante de la lengua. Y sintomáticamente , mantenían diferencias estéticas y políticas: Rojas le dedicó un ataque poético en 1968, que luego reeditó en su libro Metamorfosis de lo mismo (2000). Nunca se reconciliaron.

En realidad, Rojas fue lo opuesto a Parra: además de publicar profusamente, sus versos son verborrágicos, barrocos, a menudo herméticos, antes que sintéticos, desafiantes y humorísticos. Más lírico, Rojas se sentía heredero de César Vallejo y hermano de Pablo de Rokha, "por la materialidad y ruralidad trascendente".

Desde 1992, los premios y homenajes se multiplicaron: obtuvo el Nacional de Literatura, el primer premio a la poesía iberoamericana Reina Sofía, de España; luego, el José Hernández de Argentina y el Octavio Paz de México. Aunque parecía un campeón de la sociabilidad, solía aconsejar a los jóvenes: "Aléjese, muchacho, de las camarillas, de los cócteles y de los aplausos. Eso no sirve para nada, dedíquese a la rigurosidad del oficio mayor".

Fuente: La Tercera


OSCURIDAD HERMOSA


Anoche te he tocado y te he sentido

sin que mi mano huyera más allá de mi mano,

sin que mi cuerpo huyera, ni mi oído:

de un modo casi humano

te he sentido.



Palpitante,

no sé si como sangre o como nube

errante,

por mi casa, en puntillas, oscuridad que sube,

oscuridad que baja, corriste, centelleante.


Corriste por mi casa de madera

sus ventanas abriste

y te sentí latir la noche entera,

hija de los abismos, silenciosa,

guerrera, tan terrible, tan hermosa

que todo cuanto existe,

para mí, sin tu llama, no existiera.

22 de abril de 2011

Shoichiro Aizawa [Tokio, 1950] Yo me acuerdo

Yo me acuerdo
de donde estaba antes
el cielo azul del otro día
árboles mojados
telas de araña debajo del alero
olor a pan quemado
olor del agua al atardecer
lo abultado de la arena debajo de los pies
lo terso de la baldosa del baño
la piel erizada después de una lluvia torrencial
el aliento de la vegetación
el silbido del tren
Me acuerdo
de donde estás ahora
donde prendías fuego donde mamabas
jugabas pisando sombras comías queso frío de soja
cortabas cebollas y te salían lágrimas
donde volcaste una olla y diste gritos
¿Sigue sonando la campana en la colina?
¿Sigue fluyendo ese río en que flotaban como una tristeza las
costillas de un perro blanco?¿Este año también la higuera en
el jardín de atrás ha dado frutos?
¿No se ha secado todavía el pozo cuya polea está oxidada?

Traducción  de Akiko Misumi.

20 de abril de 2011

Czeslaw Milosz Cuando ella llegue...

Czeslaw Milosz (1911-2004) nació en Lituania. Su infancia fue todo menos apacible: sacudida por la guerra de 1914, la Revolución soviética sorprendió a su familia en Rusia y la obligó a volver a la patria en una nueva guerra entre rusos y polacos. Se licenció en Derecho, pero prefirió dedicarse a la literatura, ganándose la vida como redactor literario en la radio. En 1946 es enviado a Estados Unidos en calidad de agregado cultural, y en 1951 rompe con el gobierno de Varsovia y se establece en Francia. Profesor de literaturas eslavas en la Universidad de Berkeley, Milosz obtuvo el Premio Nobel de Literatura en 1980.

Cuando ella llegue...

Habrá entonces otro hoy y ruidos de ciudad
tal como los de hoy y siempre - ¡duras
experiencias! -,
y olores - según la estación - de septiembre o
de abril.
Y un falso cielo, y nubes sobre el río.

Y palabras - según la ocasión- alegres o
sollozantes
porque nosotros habremos vivido y simulado
cuando ella llegue con sus ojos de lluvia sobre
el río!
Y habrá también (voz del hastío, risa de la
impotencia)
el viejo, el estéril, el seco momento presente,
pulsación de una eternidad hermana del silencio;

el momento presente, tal como este momento-
Ayer, hace diez años, hoy, dentro de un mes,
horribles expresiones, pensamientos muertos, pero,

¡que importa!
Bebe, duerme, muere, es preciso librarse de sí mismo
de una u otra manera ...
Traducción de Lyzandro Z. D. Galtier.

19 de abril de 2011

Toriko Takarabe [Niigata, 1933] La muerte que siempre veo


La muerte que siempre veo


Vestida de azul celeste,
mi hermana aparecía y desaparecía en un bosquecillo.
Con una flor de peonía, casi del tamaño de su cara,
mi hermana, ay, se cae debajo del puente.
Al fondo de ese río del valle lejano,
permanezco despierto,
para recogerla en mis brazos.
Una herida azul
atraviesa mis brazos
Desorientadas por un fuego corredizo que viene del campo,
ya ni mi hermana ni yo nos encontramos allí.
Un grito sollozante que se escucha
en medio de los maíces no es mío.
Al despertarme,
me doy cuenta:
abandoné a mi hermana
en la inmensa garganta del sueño.
Ya no volveré,
no volveré jamás
Pero ¡corre, corre!
Se me abre la herida a medida que corro,
se me abre con color de peonía,
y me muero, me muero muchas veces.
Tras mi muerte,
mi hermana se esconde en el bosquecillo,
donde hay un nido de pájaros.
Se la tragó la corriente amarilla del Río Tangwang
De repente me despierto.
No podré volver, no quiero escuchar un disparo
en medio del sueño con los restos de un grito sollozante.
A mi hermana pequeña, que murió como refugiada

17 de abril de 2011

Kenzaburo Oe: Un amor especial 1° capítulo

Kenzaburo Oé, Premio Nobel de Literatura en 1994, tuvo en 1963 un hijo que nació con hidrocefalia. Esta circunstancia, esencial en su vida, ha recorrido con elocuencia toda su obra a partir de entonces y centrado una buena parte de las reflexiones vitales y sociales que aparecen en ella. En un buen número de sus libros aparece la figura de un personaje, de un hijo con discapacidad, integrado en la historia. Hay, sin embargo, un libro no novelado, una especie de diario personal de Oé, que me gusta mucho. Lo encontré, - me lo encontró, mejor dicho, Chema Lera - en un mercadillo de Carrefour donde vendían los libros a peso. Se titula "Un amor especial" y habla de la vida familiar de los Oé y de algunas cosas particulares de Hikari, su hijo "especial". Incluí hace un tiempo un pequeño fragmento de este libro. Vuelvo a él, porque lo he releído estos días, y siguen pareciéndome impresionantes la naturalidad, la sencillez y el sentido del humor a la hora de hablar de las cosas cotidianas, a menudo complicadas, que han vivido los Oé, mezcladas con pensamientos muy claros por parte del escritor acerca de cuál ha de ser la actitud de la sociedad con las personas con discapacidades.

El título del capítulo del que extraigo el fragmento que voy a copiar es "La década de las personas minusválidas". Comienza este capitulo con algunas indicaciones de Oé acerca del trabajo cotidiano del escritor y de sus obligaciones públicas, y sigue:

"Esto explica por qué he llegado al punto en que ya no acepto solicitudes de conferencias o discursos a menos que procedan de amigos íntimos o de mis editores; o por qué, cuando alguien me llama, tengo el hábito de pedirle que me envíe su solicitud por escrito, con una explicación de los objetivos del acto, antes de decidirme. La conferencia que pronuncié en la ciudad de Sakai a finales del año pasado es un ejemplo feliz de este procedimiento. Creo que me llamaron a comienzos del verano y, como respuesta a mi petición, me llegó una carta firmada por el señor M. del Departamento de Bienestar de los Minusválidos de aquella localidad. La carta tenía una resonancia especial para personas que se encuentran en nuestra situación:

Al finalizar esta década especial de los discapacitados establecida por las Naciones Unidas, durante la cual hemos oído llamadas a la igualdad e integración social de todos los minusválidos, quienes están más estrechamente relacionados con estas cuestiones contemplan el futuro con una mezcla de esperanza y aprensión. ¿Continuarán el interés popular y la inquietud que han despertado en los últimos diez años? ¿O bien, como ha sucedido siempre en el pasado, volverán a ponerlos fuera de la vista, relegándolos a algún rincón prácticamente invisible a la conciencia colectiva?

Durante los últimos diez años, la conciencia cada vez más amplia de su existencia ha realzado nuestra tendencia a perder de vista lo que significa sentir una auténtica solidaridad con el prójimo; los discapacitados nos han mostrado, con toda claridad, la estrechez de nuestras miras. Se ha dicho que la "sociedad que excluye a los discapacitados es por definición débil y frágil". Creo que deberíamos examinar de nuevo lo que significa esto y ver de qué manera exactamente la sociedad es débil.

La carta se ocupaba entonces de una conferencia en la que me invitaban a intervenir.

Creo que esta idea de la "aceptación de los discapacitados como un problema para la comunidad", sobre la que le pedimos a usted que hable, inevitablemente rebasa la condición de "problema" para el individuo o la familia y aborda la cuestión de cómo el conjunto de la sociedad aprenderá a aceptar la vida en común con sus miembros discapacitados. El hecho es que, en el mismo acto de aprender a hacer esto, todos nosotros, y no sólo los discapacitados, nos hacemos más libres, lo cual, a mi modo de ver, sugiere una oportunidad para la creación de la "nueva clase de humanidad" a la que usted se ha referido con frecuencia.

No es sorprendente que aceptara participar y enviara un resumen de lo que me proponía decir."
"Ya había reflexionado un tanto en las cuestiones planteadas por M.; en primer lugar, por qué una sociedad que excluye a esa parte de sí misma puede ser considerada débil y frágil. Sólo puedo hablar sobre la base de mi experiencia del único modelo que he visto de una comunidad que no excluye a los discapacitados, la de la Universidad de California, en Berkeley, donde pasé cierto tiempo. El campus está construido en la ladera de una montaña, y la diferencia de altitud de un extremo al otro es tan grande que casi parecía imaginable que hubieran de importar vegetación adecuada a cada altura para asegurar que creciera en los diversos microclimas. Pero si bien esta topografía peculiar proporciona unos panoramas espectaculares, uno no puede dejar de pensar que será un obstáculo enorme para las personas con minusvalías físicas. Sin embargo, en Berkeley es habitual ver personas que se desplazan por el campus en sillas de ruedas motorizadas y a unas velocidades considerables.

Solía preguntarme adónde irían aquellos estudiantes minusválidos (entre ellos algunos con discapacidades mentales) si Berkeley los hubiera excluido. Sin duda algunos de ellos habrían vivido recluidos en sus casas, mientras que a otros los habrían encerrado en instituciones. Soy el primero en reconocer que a veces las instituciones son necesarias y, si están bien dirigidas, incluso pueden servir como campo de pruebas para la integración de los discapacitados en la sociedad. Además, si los minusválidos son capaces de llevar una vida activa y útil en tales instituciones, eso constituye una prueba de lo vital que es la sociedad que las establece. No hay duda de que siempre ha existido esta clase de centros, y es evidente que debemos considerar tales lugares como modelos de una sociedad abierta, pero no es menos cierto que han existido y probablemente todavía existen lugares cuyo objetivo expreso, o cuyo resultado efectivo, es el aislamiento de los minusválidos, y por lo tanto funcionan como los complementos necesarios de una sociedad cerrada.

Flannery O´Connor escribió cierta vez que las actitudes sentimentales hacia los niños minusválidos, que estimulan el hábito de ocultar su dolor a la gente, pertenecen a la misma clase de pensamiento que hizo humear las chimeneas de Auschwitz. Por mi parte, me aventuraría a suponer que muchos padres de hijos discapacitados vacilarían antes de rechazar esta comparación, considerándola una exageración grotesca. Estas personas con conscientes de que su envejecimiento o muerte repentina sólo puede significar que sus hijos serán enviados a una institución, y la idea de que son unas instituciones abiertas y bien dirigidas les ofrece escaso consuelo.

A un nivel más personal, imagino un ejemplo muy concreto de lo que le sucede a una sociedad que excluye a sus minusválidos, preguntándome cómo nos habríamos vuelto nosotros, los Oe, si no hubiéramos hecho de Hikari un miembro indispensable de nuestra familia. Imagino una casa sin alegría, en la que soplarían frías corrientes a través de las grietas dejadas por su ausencia y, después de su exclusión, sería una familia con unos vínculos cada vez más débiles. En nuestro caso, sé que sólo gracias a que incluimos a Hikari en la familia, conseguimos capear nuestras diversas crisis, tales como el gradual declive mental de mi suegra.

Resulta interesante que el mismo hecho de que uno de nosotros sea minusválido nos haya permitido a los demás, como si de una compensación se tratara, aprender a improvisar de una manera bastante creativa. Por ejemplo, en el transcurso de los años la hermana de Hikari ha tenido que idear innumerables maneras de estimularle para que saliera de sus estados de ánimo desagradables. Sin embargo, a pesar de este largo aprendizaje, se ofreció voluntaria para trabajar con los discapacitados en la universidad, y esta experiencia fuera de casa le ayudó a enfocar de un modo más experto y sistemático el cuidado de su hermano, al tiempo que le enseñaba a distanciarse de él cuando era necesario a fin de plantearle las cosas difíciles que es preciso decirle. En resumen, creo que no sólo llegó a verle como un miembro discapacitado de la familia, sino también como un miembro discapacitado de la sociedad. En su manera de relacionarse con Hikari hay, incluso ahora, una sombra de su infancia compartida, de la chiquilla que ideaba toda clase de estratagemas para que él accediera a dar un paseo. No obstante, si negar en modo alguno ese pasado, se ha convertido en una mujer madura y capacitada, y quizá lo ha hecho sobre todo en lo que concierne a su hermano.

Así pues, mientras preparaba mi respuesta a la carta del señor M. para la conferencia, vi cuán estrechamente integrados están los problemas de la aceptación pública y privada de una minusvalía. Me pareció que todo resultaba más fácil de comprender cuando consideraba a la sociedad como una gran familia. El truco, por así decirlo, consistía en modelar las acciones de una sociedad, sus mejores esfuerzos, basándose en las de la familia que ha acogido activamente a un niño minusválido en su seno. Al final, esa clase de familia, mediante su propio proceso de aceptación, puede llegar a desempeñar un papel especial en la comunidad inmediata que la rodea, y con el tiempo es posible que el mensaje llegue a un grupo mucho más amplio."
*Con mucha razón, Chema Lera me ha recordado en un comentario que no había mencionado las bellísimas acuarelas de Yakari Oé, esposa de Kenzaburo y madre de Hikari, cuyas reproducciones se integran también en el libro. Traigo hoy una de esas reproducciones aquí. Yo creo que ambos, madre y padre, han deseado en este libro dejar conjuntamente constancia de su amor y su agradecimiento a su hijo. Quien, por cierto, ha editado un par de discos con composiciones realizadas por él, pues en la música, como bien explica su padre, encontró su auténtico medio de expresión. Por eso la acuarela le representa en el hotel de Salzsburgo, durante un viaje que hicieron a esta ciudad y a Viena

En Siena Aizawa Keiwo

Aizawa Ketwo

En Siena



Mi ángel cruza la plaza con un helado,
deslizándose junto a un auto,
en la sombra oscura de un castaño.
La cara de un niño que revienta de felicidad,
mi ángel se acerca aquí,
hacia un viejo que se desmorona,
que se cae en los escalones de una catedral donde duerme Santa Catalina.
Sonriendo, se acerca cruzando campos y montañas
en medio del verano, llevando mucho tiempo aquí,
yo, con el pelo veteado de gris,
el corazón rebosando de gratitud y calor.
Como si me dijera que él, también, está agotado por este largo viaje,
mi ángel conciliador se acerca
con un helado en ambas manos,
aún tan fresco como el lejano día en el que nos conocimos.
Con el tiempo, la aparición del viejo desaparecerá de los peldaños de la plaza,
el otoño, después el invierno. Para que no caiga una helada,
por favor, tiernísima banda de ángeles, abran sus alas de siete colores,
y por mi ángel que sostiene un helado,
apóyense con amor.


14 de abril de 2011

La bella de las bellas en el jardín Odysséas Elýtis

Odysséas Alepoudélis (Οδυσσέας Αλεπουδέλης, Heraklion, 2 de noviembre de 1911 - Atenas, 18 de marzo de 1996), conocido por su seudónimo Odysséas Elýtis (en griego, Οδυσσέας Ελύτης), fue un poeta griego, Premio Nobel de Literatura en 1979, considerado como uno de los renovadores de la poesía griega a lo largo del siglo XX.



La bella de las bellas en el jardín


Despertaste la gota del día
Sobre el comienzo del canto de los árboles
¡Oh qué bella que estás
Con tus alegres cabellos desplegados
Y con la fuente donde viniste abierta
Para que te oyera que vives y que avanzas!

¡Oh qué bella que estás
Corriendo con el plumón de la alondra
En torno a las fragancias que te soplan
Como sopla el suspiro la pluma
Con un gran sol en los cabellos
Y con una abeja en el resplandor de tu danza!

¡Oh qué bella que estás
Con la nueva tierra que sufres
Desde la raíz hasta la cima de las sombras
Entre las redes de los eucaliptos
Con la mitad del cielo en tus ojos
Y con la otra en los ojos que amas!

¡Oh qué bella que eres
Según despiertas el molino de los vientos
E inclinas tu nido a la izquierda
Para que no vaya perdido tanto amor
Para que no se lamente ni una sombra
En la mariposa griega que encendiste!

Arriba con tu matinal delectación
Colmada del césped del amanecer
Colmada de los pájaros oídos por primera vez!
¡Oh qué bella que estás
'Tirando la gota del día
Sobre el comienzo del canto de los árboles!


De "Orientaciones"
Ediciones del oriente y del mediterráneo 1996
Versión de Ramón Irigoyen

8 de abril de 2011

Buen tiempo, mal tiempo Constantino Kavafis


No me importa si esparce
el invierno afuera bruma nubes y frío
Dentro de mí es primavera, verdadera alegría.
La risa es un rayo de sol, todo de oro,
como el amor no hay otro jardín,
el calor de la canción derrite todas las nieves.


¡De que sirve que haga brotar
la primavera y que siembre verdor!
Tengo el invierno dentro de mí cuando sufre el corazón.
Cubre el gemido el más brillante sol,
si tienes pena , mayo con diciembre se asemeja,
mas frías son las lágrimas que la nieve fría

Versión de Miguel Castillo Didier

6 de abril de 2011

Fragmento "Los Anillos de Saturno"W G Sebald

Escritor alemán nacido Allgäu (Baviera). Su nombre completo era Winfried Georg Sebald. Con 26 años llegó a Norwich (Inglaterra) para dar clases en la Universidad de East Anglia y dónde, desde 1987, ocupó la cátedra de literatura europea. Fue fundador del prestigioso British Centre for Literary Translation, del que fue director hasta 1994. Escritor tardío, su primera novela Vértigo (1990), la escribió cuando contaba 46 años, fijó las formas y los territorios de una narrativa que en sólo diez años y otros tres libros, Los emigrados (1996), Los anillos de Saturno (2000) y Austerlitz (2002), le convirtieron en autor de culto. Sebald poseedor de una prosa exquisita donde es patente cómo cada palabra es amada por lo que es y cada frase por su música, se dedicó sistemáticamente, durante años, a tratar de entender el peso especificó que tiene la cultura de los muertos sobre la cultura de los vivos. El caso de su patria fue el mejor ejemplo que pudo haber escogido. Como parte de la mal llamada "literatura del Holocausto", la figura de Sebald es decisiva para todo aquel que esté realmente interesado en la historia de la cultura reciente. Su literatura transgenérica, riquísima y compleja mezcla de ensayo, novela, libro de viajes y poesía situarán a Sebald, si es que no lo está ya, en la cumbre de los escritores llamados universales. Max Sebald, como así le llamaban sus amigos, y que solía ocultar su presencia tras la figura de un caminante más de las tierras desoladas de Norwich, murió víctima de un accidente automovilístico, tras sufrir un infarto y estrellarse contra un camión, el 16 de diciembre del 2001. 

«En agosto de 1992, cuando la canícula se acercaba a su fin, emprendí un viaje a pie a través del condado de Suffolk, al este de Inglaterra, con la esperanza de poder huir del vacío que se estaba propagando en mí después de haber concluido un trabajo importante. Esta esperanza se cumplió hasta cierto punto, ya que raras veces me he sentido tan independiente como entonces, caminando horas y días enteros por las comarcas, en parte pobladas sólo escasamente, junto a la orilla del mar. Por otra parte, sin embargo, ahora me parece como si la antigua creencia de que determinadas enfermedades del espíritu y del cuerpo arraigan en nosotros bajo el signo de Sirio, preferentemente, tuviese justificación. En cualquier caso, en la época posterior me mantuvo ocupado tanto el recuerdo de la bella libertad de movimiento como también aquel del horror paralizante que varias veces me había asaltado contemplando las huellas de la destrucción, que, incluso en esta remota comarca, retrocedían a un pasado remoto. Tal vez este era el motivo por el que, justo en el mismo día, un año después del comienzo de mi viaje, fui ingresado, en un estado próximo a la inmovilidad absoluta, en el hospital de Norwich, la capital de la provincia, donde después, al menos de pensamiento, comencé a escribir estas páginas. Aún recuerdo con exactitud cómo justo después de que me ingresaran, en mi habitación del octavo piso del hospital, estuve sometido a la idea de que las distancias de Suffolk, que había recorrido el verano pasado, se habían contraído definitivamente en un único punto ciego y sordo. De hecho, desde mi postración, no podía verse del mundo más que el trozo de cielo incoloro en el marco de la ventana.»

5 de abril de 2011

Octavio Paz (México, 1914-1988)


Más allá del amor


Todo nos amenaza:
el tiempo, que en vivientes fragmentos divide
al que fui
del que seré,
como el machete a la culebra;
la conciencia, la transparencia traspasada,
la mirada ciega de mirarse mirar;
las palabras, guantes grises, polvo mental sobre la yerba,
el agua, la piel;
nuestros nombres, que entre tú y yo se levantan,
murallas de vacío que ninguna trompeta derrumba.
Ni el sueño y su pueblo de imágenes rotas,
ni el delirio y su espuma profética,
ni el amor con sus dientes y uñas nos bastan.
Más allá de nosotros,
en las fronteras del ser y el estar,
una vida más vida nos reclama.
Afuera la noche respira, se extiende,
llena de grandes hojas calientes,
de espejos que combaten:
frutos, garras, ojos, follajes,
espaldas que relucen,
cuerpos que se abren paso entre otros cuerpos.
Tiéndete aquí a la orilla de tanta espuma,
de tanta vida que se ignora y se entrega:
tú también perteneces a la noche.
Extiéndete, blancura que respira,
late, oh estrella repartida,
copa,
pan que inclinas la balanza del lado de la aurora,
pausa de sangre entre este tiempo y otro sin medida.

4 de abril de 2011

La experiencia no es nunca limitada Henry James (EEUU, 1843-1916)


La experiencia no es nunca limitada, y no es jamás completa; es una sensibilidad inmensa, una especie de enorme tela de araña, de los más finos hilos de seda, suspendida en la cámara de la conciencia, y que capta en su tejido todas las partículas llevadas por el aire.

Es la atmósfera misma de la inteligencia; y cuando ésta es imaginativa, y más aún cuando ocurre que es la de un hombre genial, trae hacia sí los más débiles asomos de vida, convierte las vibraciones del aire en revelaciones.